Équilibration des diaphragmes : par où commencer le traitement ?

Les diaphragmes constituent les principaux relais entre les fonctions viscérales et l’organisation posturale.

L’objectif commun des thérapies manuelles est de restaurer la qualité des mouvements. L’enseignement de P. Souchard (RPG) m’a fait prendre conscience que tout mouvement a besoin d’un point fixe qui incombe à notre système postural. La prise en compte de ce point fixe (de tout le corps en rapport à un ou plusieurs segments) impose une prise en charge de l’ensemble du corps, en général fixer lui-même, par la gravité au sol.[1]

Cette adaptation posturale (du  système pariétal [2] )  à la gravité est continuellement modulée par les informations internes provenant du système viscéral (intéroception). Il est important de noter que ces deux systèmes sont étroitement interconnectés, tant du point de vue mécanique que neurologique. C’est au niveau des diaphragmes que ces connexions revêtent une importance particulière.

Lorsque nous parlons de diaphragmes, nous faisons référence à des structures musculo-conjonctives horizontales, dont les principaux sont le diaphragme thoracique, le plancher pelvien, l’entrée thoracique, la base du crâne, ainsi que les dédoublements internes des méninges, également appelés membranes de tension réciproque, tels que les faux et la tente du cervelet, qui font partie du système cranio-sacré. Ces diaphragmes délimitent en interne les différentes sphères anatomiques, notamment les sphères crâniennes, cardiovasculaires, digestives et pelviennes. Il est à noter que les diaphragmes du plancher pelvien, de l’entrée thoracique et de la base du crâne sont spécifiquement liés à l’organisation des ceintures respectives, à savoir la ceinture pelvienne, scapulaire, et les articulations temporo-mandibulaires.

D’un point de vue musculo-squelettique, ces structures horizontales sont les premières à réagir aux dysfonctions par le biais d’innervations réciproques, entraînant des rotations[i]. Ce mode d’adaptation est particulièrement économique, car les rotations diaphragmatiques se produisent essentiellement dans le plan horizontal, sans devoir lutter contre la gravité.

Sur le plan viscéral, ces structures diaphragmatiques servent de points de fixation, plus précisément de suspension[3]. Cette suspension est assurée par les séreuses pariétales et leurs épaississements appelés ligaments. Il est important de noter que, du point de vue de l’évolution phylogénétique, le passage à la bipédie a entraîné de nombreuses modifications. En résumé, les viscères sont désormais majoritairement suspendus depuis leur partie supérieure . Cette suspension ne dépend pas uniquement des structures ligamentaires ; elle est également influencée par les forces pneumatiques et hydrauliques résultant des différences de pression entre les cavités corporelles.

Par exemple, les organes abdominaux tels que le foie ne sont pas supportés en situation statique par le ligament coronaire ni par les ligaments triangulaires. Ces éléments interviennent, par exemple, lors d’une course ou lors de la réception d’un saut.

  1. Pression intrathoracique (cavité thoracique) :
    • En inspiration normale : environ -5 mm Hg par rapport à la pression atmosphérique
    • En expiration normale : environ +5 mm Hg par rapport à la pression atmosphérique
  2. Pression intra-abdominale (cavité abdominale) :
    • Debout : environ 0 à +10 mm Hg par rapport à la pression atmosphérique
  3. Pression intra-pelvienne (cavité pelvienne) :
    • Debout : environ +10 à +20 mm Hg par rapport à la pression atmosphérique.
  4. Pression intracrânienne (cavité crânienne) :
    • environ 5 à 15 mm Hg, bien que cela puisse varier en fonction de divers facteurs.
  5. Pression dans les espaces pleuraux et péritonéaux :
    • Les pressions dans ces espaces sont généralement légèrement négatives par rapport à la pression atmosphérique pour maintenir l’adhérence des membranes pleurales et péritonéales.


L’équilibre entre les tonus des muscles inspirateurs et expirateurs joue un rôle déterminant dans la régulation des pressions dans les cavités thoraciques et abdominales. En ce qui concerne la cavité crânienne, ce sont les variations de la production et de la réabsorption du liquide céphalo-rachidien (LCR) qui définissent ces pressions (nous aborderons ce sujet plus en détail dans le chapitre sur l’équilibration de la faux du cerveau et de la tente du cervelet).

 

 

 

 

Comme dans d’autres parties du corps, la perte de mobilité est souvent liée à des déséquilibres toniques et à une réduction de l’élasticité des tissus conjonctifs, sans oublier la diminution des capacités de glissement des tissus conjonctifs les plus lâches.

Chaque structure, chaque organe doit pouvoir glisser par rapport aux autres lors de nos mouvements. La perte de ces glissements peut être particulièrement préjudiciable pour nos organes de communication tels que les nerfs, les artères et les veines. Ces structures de communication, qui sont de très longs organes, sont « emballées » dans une gaine de tissus conjonctifs lâches appelée le mésonèvre[4]. Cette gaine favorise la circulation des liquides et de l’information (l’énergie) entre les voies de communication et avec les autres organes. Je perçois dans cette notion des éléments que l’on pourrait associer aux méridiens en acupuncture ou aux shrotas en médecine ayurvédique.

Dans le même contexte, on peut citer les séreuses et les méninges, avec les liquides péritonéaux, pleuraux et le liquide céphalorachidien (LCR).

On comprend comment les différentes sphères, séparées par les diaphragmes, interagissent entre elles. Cette organisation permet également de comprendre les relations fonctionnelles entre chaque sphère viscérale et les régions périphériques qui lui sont associées : les membres inférieurs avec le périnée, les membres supérieurs avec l’entrée thoracique, et le système manducateur avec le diaphragme intracrânien et la base du crâne.

Il est indéniable que Descartes a eu un impact néfaste en tentant de séparer le corps et l’esprit. Se limiter à ne considérer que le système musculo-conjonctif est une approche qui limite aussi notre pensée et notre action. Néanmoins, le thérapeute manuel doit constamment garder à l’esprit que son intervention doit toujours rester dans les limites de ses compétences. Par exemple, aider à rétablir le glissement d’une plèvre ne saurait être assimilé au traitement d’une pleurésie. Cependant, il est essentiel de comprendre que la régulation de la force et du tonus d’un groupe d’intercostaux, et par conséquent la mécanique costo-vertébrale, ne peut être accomplie de manière efficace sans prendre en compte l’implication des glissements de ces séreuses.

L’intérêt de mobiliser ces structures se reflète dans de nombreuses pratiques de gymnastique traditionnelle, ainsi que dans des approches plus contemporaines[5].

À titre d’exemple, il est possible, avec une perspective ouverte, de considérer les notions de chakras. Ces concepts ont émergé à une époque antérieure aux notions plus scientifiques des centres neurovégétatifs.

Les diaphragmes et les circulations

Le diaphragme thoracique constitue le principal moteur des circulations de retour. À chaque cycle respiratoire, il mobilise les gaz (O₂, CO₂, N2 …) ainsi que les liquides (sang veineux, lymphe et, indirectement, les liquides interstitiels).

Le cœur fonctionne comme une pompe à pression, comprimant le sang avant son éjection vers la périphérie. En périphérie, en raison des pertes de charge et de l’augmentation des volumes, la pression est proche de zéro. C’est à ce moment-là que le diaphragme, agissant comme une pompe d’aspiration, crée un vide intrathoracique, devenant ainsi le principal moteur des retours des liquides. En raison de notre bipédie, le rôle du diaphragme devient encore plus crucial pour faciliter le retour des liquides vers le cœur, qui se trouve désormais à un niveau plus élevé. Au niveau des membres les muscles par exemple dans la marche, participent par leurs compressions au retour du sang veineux et de la lymphe. 

C’est donc un élément crucial pour notre santé. En raison de leur caractère prépondérant, les stratégies respiratoires sont multiples et répondent de manière réflexe aux besoins de l’organisme en termes d’énergie et d’élimination des déchets. Toutes ces stratégies ventilatoires ont des coûts énergétiques, des conséquences sur la posture et les mouvements très variables[6].

Par exemple, une respiration qui sollicite les muscles pectoraux, grands et petits, peut entraîner un hyper-tonus et une rétraction de ces muscles, provoquant ainsi un enroulement transversal de la ceinture scapulaire et une perte de mobilité des épaules. Cette situation peut avoir des conséquences préjudiciables sur l’articulation gléno-humérale[7].

Dans le cours de l’évolution de la vie, on observe progressivement une diminution des capacités d’adaptation des stratégies ventilatoires. Progressivement « le choix » de nos réflexes diminue, et des attitudes ventilatoires se fixent ce qui entraîne un coût métabolique, postural et fonctionnel soit une perte graduelle de la santé.

Les autres diaphragmes, qui sont parallèles et complémentaires au diaphragme thoracique, jouent un rôle de relais qui amplifie la fonction de pompe à liquide en périphérie. Par exemple, le diaphragme pelvien subit la pression exercée par le diaphragme thoracique et y réagit de manière élastique et réflexe (myotatique), ce qui renforce le retour des liquides vers le cœur.

Ainsi, dans un état fonctionnel, les diaphragmes contribuent à améliorer la circulation des fluides et des informations au sein de l’organisme alors qu’en situation dysfonctionnelle ils perturbent ces fonctions.[dr1] 

Le traitement du diaphragme thoracique devient primordial chez les personnes affaiblies et en mauvaise santé, notamment les personnes âgées. Dans cette situation, le traitement commencera par faciliter au maximum la ventilation afin d’améliorer la circulation interne et le métabolisme. Nous favorisons la ventilation en adoptant une posture de facilitation qui libère au maximum les muscles respiratoires. Ce n’est qu’à l’issue de cette première phase que les symptômes de ces patients seront abordés. Cette posture facilitatrice fait l’objet d’un texte intitulé « Amélioration métabolique par équilibration du diaphragme thoracique » (J0 1 2 TMI), qui détaille l’ensemble de ces aspects.

Synthèse

En raison de leur emplacement stratégique et de leur rôle essentiel, les diaphragmes sont les premières structures à réagir face à nos dysfonctions et lésions musculo-squelettiques et viscérales. L’équilibration des diaphragmes constitue le pivot des relations entre notre système moteur (proprioception) et la perception de notre intérieur (intéroception)

Ainsi, l’équilibration des diaphragmes devrait idéalement ouvrir tout traitement à visée globale[8], et elle devrait conclure tous les traitements ayant une intention plus locale[9] et périphérique.

En plus de favoriser un meilleur alignement postural, l’équilibration des diaphragmes contribue à améliorer la circulation des gaz et des fluides dans tout le corps (voir plus loin), et à décomprimer les voies de communication[10]. De plus, ces structures musculo-conjonctives horizontales sont situées à proximité des grands centres neurovégétatifs que cet équilibre favorise positivement[11].

Ainsi, cette approche s’avère à la fois structurelle, neurologique et métabolique…

Origine des déséquilibres des diaphragmes :

  • Dysfonction primaire des diaphragmes [12] :

C’est une des réponses neurovégétatives et motrices aux informations de nos récepteurs libres. C’est ce que Derek Denton[ii]  appelle nos émotions primordiales[13]. Par exemple nos diaphragmes répondent notamment à toute modification de la teneur en oxygène et en dioxyde de carbone.

Les diaphragmes répondent également à nos émotions secondaires[14] , davantage influencées par les traitements corticaux, les apprentissages, les mémoires émotionnelles et nos sentiments. On peut voir dans ces diaphragmes une des structures de base des liens somato-psychiques et leur traitement qualifié de somato-émotionnel par John E. Upledger [iii]. Ainsi la peur va nous faire réagir notamment par une tension de nos diaphragmes et une modification de nos stratégies ventilatoires et bien sûr des réactions plus globales d’attaque ou de fuite ou d’actions sur les éléments extérieurs. La voie inhibitrice de l’action[iv]  est aussi possible et sera la plus pathologique si elle persiste. Nous parlons d’angoisse si les éléments qui entraînent cette peur peuvent échapper à la conscience (refoulement ?). Cela peut être une peur plus fondamentale de la mort[v].

  • Dysfonction secondaire :

Comme nous l’avons mentionné précédemment, nos diaphragmes sont les premiers éléments à réagir en compensant toute lésion[15] ou dysfonction somatique et viscérale. Les diaphragmes sont particulièrement sensibles à toutes les dysfonctions viscérales dans leur sphère[16]. En raison de leur caractère non antigravitaire, comme nous l’avons déjà expliqué, les diaphragmes s’adapteront l’un par rapport à l’autre. Ces compensations initiales se manifestent par des rotations compensées par des rotations dans l’autre sens, ce qui est le mécanisme sous-jacent des scolioses et des déséquilibres morphologiques en périphérie (par exemple, genoux valgum ou varum)[vi].

Cependant, il est important de noter que toutes ces compensations ont un coût pour la santé. Les diaphragmes sont à la base de compressions des structures de communication telles que les veines, les tissus lymphatiques, les artères et les nerfs (syndromes canalaires). Ainsi, en situation fonctionnelle, ils favorisent la circulation des fluides et des informations dans le corps, tandis qu’en situation de dysfonctionnement, ils déclenchent une spirale négative affectant les fonctions de communication et, par conséquent, la santé.

Choix du premier diaphragme à traiter

Comme ces diaphragmes sont tous en auto-adaptation, la question cruciale est la suivante : par lequel commencer ? Il s’agit de déterminer autour de quelle structure le patient organise ses compensations posturales. Ou encore, qu’est-ce que le patient cherche à protéger par son attitude posturale ? Souvent, les symptômes du patient sont l’expression d’un déséquilibre moins invalidant en rapport avec des dysfonctions plus importantes qui ont été compensées, qu’elles soient viscérales ou pariétales.

L’approche se basera sur quatre examens :

  • L’écoute debout au milieu

Ce test est placé en premier, car il semble plus intuitif [17] [vii]  [viii], plus sensitif, plus heuristique, et donc plus subjectif. Nous maintenons notre équilibre en position statique grâce à plusieurs systèmes, notamment le système proprioceptif et visuel (en plus du vestibulaire). Dans ce test, le thérapeute place une main sur le sommet du crâne du patient. Une fois bien stable lui-même, il demande au patient de fermer les yeux. La perte de l’information visuelle permet principalement de détecter, dans les premiers instants, un déséquilibre dans une direction donnée et autour d’un axe spécifique. Cet axe et cette direction indiquent au thérapeute ‘autour de quoi le patient s’enroule, c’est-à-dire la zone la plus en facilitation ou le niveau le plus en adaptation à ce moment précis.

 

 

 

 

 

  • Observation générale du patient

De face, profil et de dos.

  • L’interrogatoire

J’essaie de retarder l’interrogatoire initial afin de ne pas être influencé par le premier test, qui pourrait être subjectif. Dans le cas d’un patient souffrant globalement, fatigué et en mauvaise santé, le choix du premier diaphragme à traiter serait le diaphragme thoracique en situation de facilitation ventilatoire (comme expliqué dans le chapitre suivant). L’objectif principal serait d’améliorer le métabolisme global.

  • Deux stress tests posturaux :

Ces deux tests mettent en tension à la fois le système postérieur (érecteur) et le système antérieur (de suspension), en particulier au niveau lombaire (les lordoses sont d’excellents systèmes de compensation). Sous contrainte de flexion puis d’extension, le système révélera, par des rotations et des inclinaisons, les niveaux qui sont le plus en adaptation.

a. Debout contre le mur en délordose, exerçant une tension sur tous les systèmes de suspension.

b. Debout penché en avant, exerçant une tension sur le système d’érection.

Ces deux tests sont souvent interdépendants dans les cas aigus. Dans les situations plus chroniques, les tests posturaux tiennent davantage compte des adaptations antérieures qui se sont fixées, notamment par les rétractions du système conjonctif.

Il est possible que ces tests et l’interrogatoire conduisent à notre premier objectif en périphérie, en dehors du centre et des diaphragmes, et concernent un membre spécifique.

Par exemple, après une entorse de la cheville, le traitement consistera alors à travailler de la périphérie vers le centre. Le premier diaphragme à traiter en fin de séance sera celui qui correspond à la zone touchée. Dans notre exemple, cela pourrait être le périnée, suivi de l’équilibration des autres diaphragmes en toute fin de séance.

Tableau du choix du diaphragme à régulariser dans le début du traitement

Situation Tests Diaphragme à traiter et sens du traitement
Pathologie métabolique Patient très fatigué, en mauvaise santé (plaintes multiples)   Interrogatoire : Plaintes multiples, fatigue, mauvaise santé   Diaphragme thoracique en facilitation ventilatoire : Du centre vers la périphérie  
Décompensation d’un équilibre chronique Patient déclenche le symptôme à la suite d’une position prolongée ou ne comprend pas pourquoi. Autour de quelle structure le patient s’organise-t-il ? Écoute deboutObservation généraleTest penché en avantTest debout contre le murÉcoute et mise en tension locale (microtests)   Du diaphragme vers le symptôme. Intra crânienBase du crâne- mandibuleEntrée thoracique-C. scapDiaphragme thoracique- viscèresPérinée-C. pelvienne  
Accidentel, Fonctionnel Patient déclenche le symptôme à la suite d’un choc ou d’une activité dynamique   Comment relier le symptôme à ses causes et à ses compensations ?   Rétractions locales Rééquilibration du symptôme pour déterminer les causes et les compensationsTest de balanceÉcoute et mise en tension locale (microtests)   Du symptôme vers le diaphragme associé puis globalité. Fonctionnel périphériqueStructurel localStructurel vers mise en tension structurelle de plus en plus globale de la périphérie vers le centre  

La suite du traitement (en bref)

Les examens locaux, notamment les micro-tests, les écoutes locales et les examens médicaux objectifs, seront d’abord effectués sur le diaphragme sélectionné pour compléter notre évaluation. Ensuite, nous les appliquerons à la zone symptomatique (lésionnelle, dysfonctionnelle, adaptative) pour obtenir une vision complète.

Rééquilibrations des diaphragmes :

Dans la stratégie de traitement centrifuge, qui consiste à travailler du centre vers la périphérie


Elle est adaptée aux cas chroniques, complexes et aux symptômes résultant d’une décompensation, nous commençons par traiter en premier lieu les artères, en plus du système neurovégétatif en correspondance. Nous traitons ensuite les séreuses, puis les éléments musculo-conjonctifs du diaphragme concerné, avant de rééquilibrer progressivement l’ensemble des diaphragmes (Fig 5[ix])[18]. Nous mettons aussi une attention particulière à celui qui est en lien avec le symptôme présent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la stratégie de traitement centripète, qui consiste à travailler de la périphérie vers le centre

Elle est adaptée aux cas de symptômes en périphérie, aux situations aiguës et accidentelles dont la cause semble évidente. Nous commençons par traiter en premier lieu le symptôme lui-même, en empêchant les compensations en direction du centre. Ensuite, nous terminons en rééquilibrant la ceinture et le diaphragme correspondant au symptôme. Le traitement se conclut par l’alignement de tous les diaphragmes, d’abord en position couchée, puis debout, et enfin dans une dynamique


[1] J’ai pratiqué et entraîné le volleyball pendant 35 ans. En ce qui concerne la réception et la défense, en cas d’erreur, les joueurs ont souvent tendance à penser que la faute provient de leurs mouvements de bras. Cependant, la correction doit principalement se faire au niveau de leur positionnement et de leurs appuis, qui sont bien plus difficiles à rectifier. La prise de conscience des mouvements périphériques, notamment au niveau des mains, est considérablement plus développée que celle des muscles centraux et de leur fonction statique, qui s’exécutent davantage de manière réflexe et automatique.

[2]Le système pariétal englobe la perception sensorielle et les sensations liées à la paroi externe du corps ainsi qu’à l’interaction avec l’environnement extérieur. En revanche, le système viscéral est chargé des fonctions internes et de la régulation des organes et des systèmes internes du corps.

[3] Les artères participent aussi à la suspension de nos organes. L’étymologie du mot « artère » vient du grec aēr (« air »).

[4] « Le mésonèvre est le tissu le plus externe entourant les troncs nerveux périphériques. C’est un tissu lâche et aréolaire qui véhicule de nombreuses artères et veines qui alimentent le tissu nerveux : les vasa nervorum. La fonction du mésonèvre n’est pas entièrement comprise ; cependant, la surface glissante du mésonèvre limite les forces de frottement avec les mouvements longitudinal et latéral du tronc nerveux contre les structures avoisinantes. » (Driscoll et al., 2002 ; Lundborg & Rydevick, 1973 ; Salvador-Sanz et al., 2005 ; Sarikcioglu et al., 2008)

[5] Des pratiques telles que le yoga, le Qi Gong, le Tai Chi Chuan, l’eutonie, ou encore les SGA peuvent être envisagées…

[6] La perte de mobilité des diaphragmes entraîne une diminution des échanges et, par conséquent, une réduction de la capacité métabolique. Elle induit également des modifications posturales et une perte de mobilité corporelle générale..

[7] L’humérus doit pouvoir faire une rotation externe automatique (paradoxe de Codman) dans l’ABD du bras.

[8] Traitement des pathologies systémiques ou traitement préventif..

[9] Pour le traitement des symptômes survenus à la suite d’un accident ou d’une décompensation..

[10] Il peut englober les artères, les veines, les vaisseaux lymphatiques et les nerfs..

[11] Un des concept de l’ostéopathie est que la structure influence la fonction

[12] La dysfonction primaire est à l’origine de l’adaptation dysfonctionnelle..

[13] Les émotions primordiales, en réponse à nos intérocepteurs associés à nos instincts (précâblage), permettent d’assurer les fonctions vitales, notamment par des adaptations neurovégétatives et motrices (ventilation, fuite de la douleur, etc.).)

[14] Les émotions secondaires résultent de récepteurs à distance (vue, ouïe, etc.) associés à nos instincts et à nos mémoires. Elles incluent la peur, la colère, la tristesse, l’impatience, le désir sexuel et la tendresse. Elles entraînent des réactions internes, mais aussi des réactions externes envers les autres membres du groupe, telles que les expressions faciales, les postures, les gestes et les vocalisations.)

[15] Une lésion, au sens médical, se réfère à une altération morphologique d’un tissu ou d’un organe, dont la cause peut être connue ou inconnue, et qui peut se manifester par des signes physiques ou des symptômes fonctionnels. Une lésion peut être identifiée à différents niveaux, que ce soit à l’échelle macroscopique, microscopique, moléculaire.

[16] Sphère thoracique, abdominale, crânienne, etc.

[17] Ce test est placé en premier, car il semble plus intuitif, plus sensitif et donc plus subjectif. Comme le souligne Daniel Kahneman, cité par Olivier Houdé, il dépend de notre Système 1 (intuitif, rapide) : « il peut fournir des réactions et des intuitions compétentes après un entraînement spécifique » (l’expertise des 10 000 heures de pratique !). Cependant, il doit également éveiller en nous des doutes, car il est sujet à de nombreux biais cognitifs (« notre cerveau est une machine à tirer des conclusions hâtives »).

Les tests 3 et 4 sont plus logiques et font davantage appel au système 2, qui est plus axé sur la logique. Bien sûr, rien ne remplace les examens objectifs, mais ces derniers ne sont pas toujours aussi étroitement corrélés avec les symptômes de nos patients, et ils se révèlent négatifs dans la plupart des situations de dysfonctionnement auxquelles nous sommes confrontés.

Cette dichotomie entre nos modes de pensée, avec d’un côté le système 1, intuitif (dont expert, j’insiste), et de l’autre le système 2, rationnel et objectif, doit être une réalité pour tous les thérapeutes manuels. Pencher trop d’un côté ou de l’autre serait, à mon avis, une erreur.

[18] Cet alignement des diaphragmes me rappelle les centrages et alignements requis dans les pratiques sportives, plus particulièrement dans le Taï Chi Chuan. En Taï Chi, le centrage implique de maintenir la conscience de votre centre de gravité au niveau du Dantian moyen, ce qui permet une meilleure coordination des mouvements et une utilisation plus efficace de la force. Cela contribue également à la stabilité et à l’équilibre. Il est essentiel de maintenir votre centre de gravité tout en veillant à l’alignement entre le Dantian supérieur (au niveau du thorax) et le Dantian inférieur (au niveau du bassin).


[i] Souchard PE.,RPG – La méthode.Sainte-Foy-lès-Lyon : Désiris ; 1995.

[ii] Derek Denton, les émotions primordiales et l’éveil de la conscience, Paris, Flammarion, 2005.

[iii] Upledger John E., Libération Somato-Emotionnelle et Au-Delà, Aix en Provence, De Verlaque, 1991

[iv] Henry Laborit, l’esprit du grenier, Grasset ;1992

[v] Edgar Morin, l’homme et la mort ; 1951,  3éme édition du Seuil ; 2002.

[vi] Souchard PE.,RPG – La méthode.Sainte-Foy-lès-Lyon : Désiris ; 1995.

[vii] Kahneman D., Système 1, Système 2 : les deux vitesses de la pensée, Flammarion, 2012

[viii] Houdé O, «Comment raisonne notre cerveau . Que sais-je ?; 2019

[ix] Souchard, Ph. E., Meli, O., Sgamma, D., & Pillastrini, P. (2022). Rééducation Posturale Globale. Tradition, présent et futur.  Elsevier Masson. Chapitre11 : intéroception et syndromes canalaires en RPG de Daniel Reis


 

 [dr1]retirer les bordures

 

Présentation des formations TM i et RPG i

La formation RPG i est destinée aux thérapeutes déjà formés en Rééducation Posturale Globale.
La formation TM i est ouverte aux kinésithérapeutes et aux ostéopathes souhaitant intégrer cette approche dans leur pratique.

Ces formations s’inscrivent dans le courant des thérapies manuelles au sens large, avec une particularité : elles associent en permanence le travail tissulaire local et la réponse posturale adaptative globale.

Ces formations proposent une lecture du corps où les symptômes musculosquelettiques sont souvent l’expression d’adaptations à des contraintes internes plus profondes.

L’expérience clinique montre que les réactions posturales adaptatives à nos interventions manuelles sont souvent plus rapides et plus globales que les réactions tissulaires locales.

Nos mains agissent sur les tissus, mais les modifications du tonus postural deviennent un véritable outil clinique : elles permettent à la fois de valider une manœuvre et de révéler les schémas adaptatifs qui ont accompagné l’histoire du patient.

Ainsi, certaines compensations se libèrent tandis que d’autres, plus primaires, se maintiennent.
Pour les premières, il suffit souvent de maintenir la posture afin de permettre l’adaptation du fascia.
Pour les secondes, il devient nécessaire de rechercher quelles structures internes elles protègent.

L’approche met donc l’accent sur le système intéroceptif, véritable interface entre les tissus, le système neurovégétatif et les régulations posturales.

L’analyse clinique explore les interactions permanentes entre le tissulaire, le neurovégétatif et le postural adaptatif.

Des années de pratique combinant RPG et ostéopathie m’ont progressivement conduit à une conviction clinique :
nous nous tenons souvent d’une certaine manière pour fuir ou compenser nos dysfonctions internes.

Chez le sujet jeune, une dysfonction interne mineure est généralement contournée par une adaptation posturale discrète pouvant progressivement conduire à des adaptations morphologiques plus marquées (cyphose, scoliose, genu valgum…).

Les dysfonctions plus importantes deviennent conscientes (douleurs) et peuvent nécessiter l’intervention de la médecine et d’un thérapeute manuel, afin de sortir de la crise et limiter les adaptations secondaires.

Avec le temps, la vie nous fait accumuler une multitude de dysfonctions internes.
Leurs adaptations posturales finissent alors par fixer des contraintes dans le système musculosquelettique, avec pour conséquence une diminution progressive de l’adaptabilité des systèmes postural et neurovégétatif.

C’est souvent dans ce contexte qu’un mouvement banal, une période de stress ou simplement un réveil matinal peuvent provoquer une décompensation douloureuse.

Le travail thérapeutique consiste alors à rechercher les dysfonctions, en relation avec le symptôme, qui coûtent le plus au système.

Cela conduit à traiter en priorité les structures les plus hégémoniques, c’est-à-dire les plus indispensables à l’organisation globale du corps et au maintien de la santé.

Généralement plus profondes, elles sont aussi, en dehors du système nerveux central, les structures les plus riches en intérocepteurs.

Il s’agit en premier lieu de nos grands systèmes de communication :

• les artères
• les veines et les circulations de retour, en relation avec la ventilation
• les nerfs
• le fascia

En raison de leur importance fonctionnelle et de leur richesse intéroceptive, une attention particulière est également portée aux structures de soutien et de glissement des organes :

• les séreuses (péricarde, plèvre, péritoine)
• les méninges

Une fois les liens mécaniques et métaboliques systémiques des organes rétablis, le travail vise à relancer leur microcirculation interne, notamment par la stimulation de leurs mouvements intrinsèques (OVA – onde vasculaire accessoire – ou MRP – mouvement respiratoire primaire).

L’approche thérapeutique s’intéresse donc particulièrement :

• aux systèmes artériel et viscéral, plus en relation avec le système postural de flexion
• au système neuroméningé et cranio-sacré, davantage en relation avec le système postural d’extension

Les perturbations intéroceptives issues de ces systèmes peuvent induire des adaptations posturales qui altèrent la proprioception.
Cela peut favoriser la survenue d’accidents ou limiter l’efficacité des traitements purement symptomatiques.

Les formations présentées ici ne traitent pas spécifiquement le système musculosquelettique classique, déjà largement abordé dans d’autres approches.
Elles se concentrent sur les structures profondes de régulation, souvent situées en amont des symptômes.

Organisation de la formation TM i

La formation se déroule sur huit week-ends répartis sur deux années. Elle est précédée d’une journée de présentation, accessible en présentiel ou à distance, destinée notamment aux personnes qui ne connaissent pas encore mon travail.

Chaque week-end est précédé d’un travail à distance consacré aux révisions anatomiques. L’objectif est de permettre à chacun d’aborder la formation avec des bases communes et de consacrer un maximum de temps aux applications pratiques.

Les objectifs de la formation

Vous permettre de remonter aux causes profondes des symptômes.

Vous apprendrez à utiliser différents outils diagnostiques — notamment l’amplification posturale et l’écoute tissulaire — afin d’établir des liens entre les symptômes et les dysfonctions des tissus profonds qui participent à leur émergence.

Vous apprendre à traiter ces tissus et structures profonds en agissant sur trois axes :

  • améliorer le fonctionnement métabolique des différentes structures : nerfs, artères, viscères, système nerveux central, méninges, séreuses… ;
  • restaurer les possibilités de glissement des tissus par rapport aux structures voisines ;
  • améliorer la qualité structurelle du tissu conjonctif de ces différentes structures.

Tout au long de ce travail, nous observons l’évolution des adaptations posturales qui protègent ces structures hégémoniques, avant de poursuivre par le traitement des dysfonctions musculosquelettiques qui se sont progressivement structurées.

Une formation modulable

Chaque week-end peut être suivi individuellement. À l’issue du travail consacré à chaque thème, l’objectif est de vous donner la capacité de développer votre propre réflexion clinique et d’intégrer progressivement les principes et les techniques de la TM i dans vos habitudes de thérapeute manuel.

Si vous n’avez pas pu suivre un ou plusieurs week-ends, vous pourrez les compléter lors de la session suivante.

Les thèmes des 8 week-ends

Les diaphragmes : ventilation, circulation et adaptation

Artères et microcirculations

Thorax : ventilation et adaptation

Cavité péritonéale, nerfs vagues et système neurovégétatif

Bassin, uro-gynécologique et nerf pudendal

Nerfs périphériques : le système neuroméningé

Méninges, artères de la tête et nerfs crâniens X à XII

Sutures crâniennes, nerfs crâniens et adaptations sensorielles

Organisation des formations RPG i

Les formations RPG i sont organisées par les organisations nationales officielles reconnues par la RPG mondiale. Elles peuvent regrouper plusieurs thèmes afin de proposer des formations de trois à cinq jours.

Les différents thèmes sont :

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux différents diaphragmes, aux circulations de retour ainsi qu’aux nerfs intercostaux et phréniques, et étude de leurs conséquences métaboliques.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux artères, aux microcirculations et aux nerfs vagues, et étude de leurs conséquences métaboliques.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux séreuses et aux viscères du thorax, ainsi qu’aux nerfs splanchniques.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux séreuses et aux viscères de l’abdomen.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux organes uro-gynécologiques et aux nerfs pudendaux, en relation avec le bassin.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux nerfs périphériques — neuroméningé 1.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux méninges, aux artères de la tête, aux nerfs du plexus cervical supérieur et aux nerfs crâniens X à XII.

Manipulations spécifiques en RPG appliquées aux sutures crâniennes, aux nerfs crâniens I à IX, à la face, à la langue et aux yeux.

Texte pour les patients :

Une approche globale pour mieux comprendre les douleurs qui reviennent

Au fil des années de pratique, une question revient souvent :
pourquoi certaines douleurs reviennent-elles malgré des traitements locaux bien réalisés ?

Notre expérience clinique montre qu’une douleur n’est pas toujours seulement liée à la zone où elle se manifeste. Le corps fonctionne comme un ensemble. Une gêne locale peut parfois être entretenue par des tensions plus profondes, des adaptations posturales anciennes, des restrictions de mobilité de certains tissus, ou encore par une mauvaise capacité du corps à s’autoréguler.

Dans cette approche, nous considérons que le corps ne se résume pas aux muscles et aux articulations. Nous nous intéressons aussi à des structures plus profondes qui participent à l’équilibre général :
les fascias, les nerfs, les membranes de glissement des organes, la circulation, la respiration, ainsi que certains mécanismes de régulation internes.

L’idée centrale est simple :
le corps s’adapte en permanence pour se protéger.

Quand une zone fonctionne moins bien, le corps compense. Au début, ces compensations sont souvent discrètes et efficaces. Elles permettent de continuer à bouger, travailler, respirer, vivre normalement. Mais avec le temps, l’accumulation de petites contraintes, de stress, de fatigues, d’anciens traumatismes ou de tensions internes peut réduire la capacité d’adaptation du corps. C’est alors qu’un geste banal, un faux mouvement, une période émotionnellement plus chargée, ou parfois simplement le réveil du matin, peuvent suffire à déclencher une douleur.

Dans ce cadre, le traitement ne consiste pas seulement à soulager le symptôme. Il cherche aussi à comprendre ce qui entretient la douleur et ce qui coûte le plus au système.

Le travail manuel vise à redonner de la mobilité, de la souplesse et de la liberté aux tissus qui influencent le plus l’équilibre global du corps. Il peut s’agir notamment :

  • des structures liées à la respiration et à la circulation,
  • des membranes qui entourent ou soutiennent les organes,
  • de certaines zones nerveuses ou méningées,
  • des tensions profondes qui perturbent la posture et les mouvements.

La posture joue ici un rôle très important. En effet, notre manière de nous tenir, de respirer et de bouger reflète souvent l’histoire de nos adaptations. Le corps adopte parfois certaines attitudes non par hasard, mais pour éviter une gêne, protéger une zone fragile ou contourner une tension plus profonde.

Cette approche cherche donc à faire le lien entre :

  • la douleur ressentie,
  • les adaptations posturales,
  • les tensions profondes,
  • et les capacités de régulation du corps.

Elle ne s’oppose pas aux approches classiques du système musculosquelettique. Au contraire, elle les complète en s’intéressant davantage à ce qui peut se situer en amont du symptôme.

L’objectif n’est pas de tout expliquer par une seule cause, mais d’aider le corps à retrouver une meilleure capacité d’adaptation, une respiration plus libre, une circulation plus harmonieuse, une posture plus économique et, souvent, une diminution durable des douleurs.

Cette vision du soin est issue de plus de trente années de pratique clinique, à la croisée de la Rééducation Posturale Globale, des thérapies manuelles et d’une lecture plus intégrée du fonctionnement du corps.

 

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